Église Protestante Unie de Royan
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Les Cathares

par Robert OLIVIER
lundi 16 septembre 2013 par Monique Olivier

Le Catharisme, [1] cette religion de salut fondée sur le Nouveau Testament (Evangile de Jean et Apocalypse en particulier) est un christianisme qui se démarque de l’orthodoxie du X ème siècle. Ainsi, si le Notre Père est pratiqué, le baptême par l’eau, l’eucharistie et les sacrements de l’Eglise catholique ne sont pas retenus. De même que le catharisme exclue la Passion rédemptrice, le Jugement dernier et la Résurrection. }

C’est une pensée « dualiste » qui oppose les réalités spirituelles, invisibles et éternelles - le Royaume du Dieu bon, Terre nouvelle et Cieux nouveaux de l’Apocalypse – aux réalités matérielles et temporelles du Monde visible où le Mal se manifeste. Cf Jean 18,36 : « mon Royaume n’est pas de ce monde ».

Deux principes s’y affrontent du fait d’une bonne et d’une mauvaise création : celle du vrai Dieu et celle du Prince des ténèbres, du Prince de ce monde, de l’Esprit malin, ce qui était une manière de rendre compte de l’expérience du mal. Le salut consistait donc à ce que l’âme, création de Dieu se libère de sa prison corporelle, d’où une ascèse rigoureuse en matière alimentaire (végétariens car interdiction de tuer) et sexuelle.

En fait il s’agissait de vivre une société autre où l’édification spirituelle, dispensée par les Parfaits aux simples Croyants, se conjuguait avec toutes les activités économiques nécessaires à la vie de la communauté regroupée autour de la Maison, dirigée par l’Ancien ou la Prieure. Dans le Rituel cathare, seul le sacrement d’un baptême du « feu de l’Esprit » distingue le Parfait du Croyant, le premier l’ayant reçu par l’imposition des mains, sorte d’ordination appelée « Consolament » en référence à Jean 16,4. Le Croyant ne recevait le Consolament qu’à la fin de sa vie, pour faire une « bonne fin » : la fusion de son Âme et de son Esprit resté au ciel.

Cette pensée dualiste et de salut par la connaissance (gnosticisme) est apparue comme une résurgence du Manichéisme – religion fondée en Perse au 3ème siècle par Manès ou Manu - ce qui ne pouvait qu’entraîner la répression de l’institution catholique qui fut terrible du Xème au XIVème siècle. Il s’agissait non seulement de lutter contre une « hérésie » mais aussi contre une institution du fait de l’extension et de l’organisation d’une « Eglise cathare » divisée en évêchés, qui a compté jusqu’à 800 églises en France.

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En Languedoc bon nombre de seigneurs ( Toulouse, Foix) refusèrent de s’associer à la répression favorisant le développement de la nouvelle Eglise mais la croisade contre les Albigeois [2] menée par Simon de Montfort (1209) affaiblit le mouvement. Ce n’est qu’à partir de 1216 que les seigneurs occitans reconquèrirent leur position dominante jusqu’à la croisade de Louis VII en 1226 qui démultiplia l’inquisition. De ces faits, le Languedoc, plutôt tourné vers Barcelone, fut livré à la France du Nord, capétienne.

Des questions demeurent quant aux origines du catharisme, qui n’était pas que languedocien, dans la mesure où le centre et le nord de la France connaissait sa présence et une bonne partie de l’Europe (les Balkans) Le rapprochement du catharisme avec la doctrine prêchée par le pope Bogomil en Bulgarie vers 950 est de plus en plus avéré.

Dans le même temps l’Eglise catholique a eu à faire face au mouvement Vaudois inspiré par PierreValdo en 1176 qui était lui aussi une recherche de réforme de l’Eglise. Tant avec les Cathares qu’avec les Vaudois des « disputes » où chacun présentait ses arguments eurent lieu sans trouver d’entente, ce qui systématisa l’Inquisition avec la création des Dominicains.

Bon nombre d’historiens du Catharisme dont des pasteurs du Languedoc ont fait le rapprochement entre la Réforme protestante et les Cathares. Les deux mouvements ont une volonté commune de réforme de l’Eglise catholique en se démarquant de ses pratiques non évangéliques (rituels, pouvoirs hiérarchiques, rôle de la papauté… ). Mais un abîme les sépare quant à l’interprétation des écrits bibliques ! Néanmoins on ne peut pas nier que le Languedoc offrait un terreau propice à la Réforme du fait de la dissidence cathare face à l’emprise catholique (Rome) et du fait d’une volonté des seigneurs locaux de préserver leur autonomie traditionnelle. Il est admis que bon nombre de lignées protestantes ont eu des ancêtres cathares.

Bougre : assimilé à hérétique, viendrait de « Bulgare » où le catharisme aurait ses racines.

Ces appellations viennent de l’Inquisition. Les « cathares » se nommaient : « chrétiens », « bons chrétiens », « bonhommes » ou « amis de Dieu ».

Châteaux cathares : les cathares vivaient surtout dans des bourgs fortifiés et ont pu se protéger dans des châteaux existants, comme à Montségur.

Auteurs historiens sur le Catharisme : René NELLI, Jean DUVERNOY, Anne BRENON et les pasteurs Michel JAS et Roland POUPIN.

Brochure « La religion cathare » de Michel ROQUEBERT, 32 pages 1988, Editions Loubatières collection Terre du sud.

[1Cathare : viendrait du Grec « catharos » : pur. On pense aussi que cela viendrait du latin « catos » : chat, symbolisant le diable , …etc…

[2Albigeois : désignation des hérétiques cathares (alors qu’Albi n’était que peu concerné ?) ou déformation de « albanais » dans les Balkans.


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