Église Protestante Unie de Royan

Un cimetière protestant au coeur d’une station balnéaire

mercredi 9 septembre 2009 par William Barrau

Situé en centre ville, le cimetière protestant de Royan reste toutefois méconnu de ceux, nombreux, qui passent devant ses grilles d’entrée, rue Pierre Loti.

Qui le connaît vraiment ?

William Barrau, qui vient de publier une brochure à ce sujet, nous en parle...

Il fait partie intégrante du patrimoine de l’Eglise Réformée de Royan.
Y sont réparties 454 concessions, dont seuls 150 titulaires sont connus. L’origine du cimetière date du milieu du XVIIIème. siècle.

De l'histoire

En portant notre attention sur les noms, les épitaphes, les sculptures gravés dans la pierre, on apprend, on se remémore l’histoire d’une région, d’une ville, d’une Eglise.

Voyons tout d’abord des extraits d’une publication, Au fil des années, Royan, parue en 1912 :


« Le cimetière protestant appartenait au Consistoire. En 1823, cette propriété avait été consacrée par un arrêté du Maire de Labarthe. Quelques uns des considérants de cet arrêté sont particulièrement intéressants :

  • Considérant que si les protestants, dans un temps où ils n’avaient pas de cimetière, ont cru pouvoir enterrer leurs morts dans des jardins, des champs ou à l’intérieur de leurs maisons, et que les temps ont changés, ces motifs n’existent plus puisqu’aujourd’hui ils ont un cimetière.
  • Que si, sous le rapport de salubrité, les enterrements dans les églises sont depuis longtemps interdits, le même motif s’oppose à ce que les cadavres soient enterrés dans des maisons ou lieux les avoisinant.
  • Que la décence publique, le respect pour les morts et la religion s’opposent également à ce que des chrétiens soient déposés, après leur décès, et comme de vils animaux, dans des lieux que rien ne fait respecter, et en quelque sorte jetés à la voirie.
  • Qu’il est également contre la décence, contre l’attachement que l’on conserve à la mémoire de parents qui nous ont été chers, de vendre en quelque sorte leurs dépouilles mortelles en vendant le champ, le jardin, la maison où elles auront été déposées.
  • ARRÊTE :
  • Interdiction est faite aux protestants d’inhumer leurs morts en dehors du cimetière protestant ».

Le temps passe...

Dans les années 1980, se met en place un « Comité du Cimetière Protestant » qui, petit à petit, va, par des travaux et un entretien régulier, remettre ce lieu dans un état convenable après les dégâts notamment subis lors du bombardement de la ville en Janvier 1945.

Étant une commission de l’Association Cultuelle de l’Eglise Réformée de Royan, ce Comité fonctionne en toute légalité et avec la plus grande transparence.
Franchissons la grille d’entrée de ce cimetière et prenons le temps de regarder pour mieux comprendre ce passé qui a fait notre présent.

Nous relevons les noms d’hommes et de femmes plus ou moins connus. Certaines rues de Royan portent leurs noms : Métadier, Rateau, Jônain, Ct. Thibaudeau, etc…..

Dès l’entrée, à gauche, on trouve les sépultures de Paul et Samuel Besançon qui furent respectivement Pasteurs à St Georges de Didonne et à Royan. A côté est la tombe de Madeleine Fouché qui, comme le Pasteur Samuel Besançon, fut membre de la Résistance en 39/45, et devint quelques années plus tard Maire-Adjointe de Royan.

Voici le tombeau de la famille Métadier dont l’un des membres a été Maire de Royan. Non loin de là, une plaque en plomb, découverte lors de travaux, porte les noms d’une famille Salomon dont un, prénommé Jacques, est né en 1746 et un autre, Jacques également, fut au XIXème siècle instituteur à l’école protestante de Royan.

Au détour des allées apparaissent les souvenirs de ceux qui ont marqué leur
ville de façons différentes : Pierre Jônain, écrivain, le Pasteur Jules Maffre, ancien Président du Consistoire de Royan, la famille d’Auguste Rateau, ingénieur et inventeur de la turbine à vapeur, Marc Hébrard, architecte et concepteur du Temple de Royan. Et combien d’autres….

Le passé de la ville est écrit

  • Premièrement, un passé maritime avec la présence de capitaines de navires, maîtres au cabotage ou matelots péris en mer ou morts aux colonies.
  • Deuxièmement, les conséquences tragiques des guerres avec combien de combattants, de résistants disparus au cours de ces conflits. Sans oublier ces centaines de civils royannais morts pendant le bombardement de leur ville en Janvier 1945.

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